Archive pour septembre, 2011

SOUVENIR D’ÉCOLE

Caroline n’aime pas la lecture

Caroline déteste la lecture ! Dès qu’elle voit un livre elle le regarde avec beaucoup de mépris. Pff! Comment peut on aimer lire ? Les livres contiennent des histoires tellement ennuyeuses !

Oh ne croyez pas que Caroline ne se soit jamais intéressée à la lecture. Nan, nan !!! Quand elle ne savait pas encore lire les grandes personnes lui offraient des livres. Mais quand elle demandait à ces grandes personnes de lui lire une histoire elle s’entendait souvent répondre : « plus tard » ou bien « j’ai pas le temps ! ». Et quand une grande personne consentait à lui lire une histoire elle la lisait avec si peu d’enthousiasme, que Caroline comprit que ce n’était pas la peine d’insister. Elle se contentait donc de regarder les images et inventait des histoires mais………….. est-ce que ce qu’elle imaginait correspondait à ce qui était écrit ? Comme elle ne savait pas lire, tous ces livres étaient pour elle bien mystérieux et contenaient certainement de grands secrets. D’ailleurs c’était certainement pour ça que les grandes personnes rechignaient à lui lire les histoires écrites dans ces livres. Elles voulaient garder pour elles les secrets qu’ils contenaient. Ça y est ! Caroline avait l’explication ! Ces livres contenaient des secrets ! Mais quelle frustration ! Caroline ne savait pas lire !

Aussi lorsqu’un jour on lui dit qu’elle était en âge d’aller à l’école, sur le moment elle n’en voyait pas l’intérêt. Mais quand on lui expliqua qu’à l’école elle apprendrait à lire, à écrire et compter, tout ce qu’elle retint c’était……….qu’elle apprendrait à LIRE ! Caroline se sentit libérée. Enfin elle découvrirait tous ces mystères et percerait bien des secrets. Une nouvelle vie commençait, l’horizon s’élargissait.

Le jour de la rentrée des classes elle partit joyeuse et pleine d’entrain, accompagnée de sa maman inquiète, vers cet endroit prometteur : L’ÉCOLE. A son arrivée elle découvrit dans la cour des enfants bruyants (elle n’en n’avait jamais vu autant) et comprit qu’elle aurait plein de copines.

Elle congédia poliment mais fermement une maman soulagée (ouf ! ça se passe bien) et étonnée (je ne pensais pas qu’elle serait si contente d’aller à l’école !). Et les choses sérieuses commencèrent : elle se familiarisa avec la conjugaison des verbes, le masculin, le féminin, les noms, les adjectifs etc. Bref tout ce qu’il faut savoir pour lire.

Lorsque la lecture lui devint familière elle put enfin se plonger dans tous ces livres qui jusqu’ici semblaient inaccessibles. Hélas, hélas ! Quand elle comprit ce que racontaient les histoires, grrrande fut sa déception. « C’est tout ??? » se disait elle désappointée. Adieu mystères, adieu secrets. Ces livres ne contenaient que des récits à ses yeux sans intérêt, qui laissaient son imagination en jachère.

Heureusement, à ce moment là elle faisait partie d’une bande de garçons (elle était la seule fille du quartier) dont les passe-temps favoris consistaient à jouer aux cows-boys et aux indiens, à Zorro (son héros préféré), aux petites voitures etc. Toutes ces activités intelligentes qui nourrissaient son imagination. LE BONHEUR.

Si par hasard on lui offrait un livre, elle remerciait avec juste ce qu’il fallait d’enthousiasme pour satisfaire la grande personne, puis montait vite dans sa chambre et le livre rejoignait illico dans le fond de l’armoire ses semblables. LA BELLE VIE !

A cette époque Caroline ne se doutait pas que cette belle vie serait menacée par………………….Madame Colin l’institutrice.

C’était un jour de classe semblable aux autres jours de classe. Dans l’après-midi Madame Colin dit à Caroline : « Caroline je dois te parler après la classe ». Caroline la regarda intriguée, mais Madame Colin continua son cours comme d’habitude. Pour Caroline, si Madame Colin voulait la voir après la classe, l’affaire devait être sérieuse. Caroline répertoria toutes les raisons susceptibles de lui apporter des ennuis (c’est à dire une punition). Elle eut beau réfléchir elle ne voyait vraiment pas. Alors que pouvait bien vouloir Madame Colin………………. Lorsque les cours furent terminés et les élèves partis, Caroline se retrouva seule (et pas très à l’aise) avec Madame Colin. Celle-ci lui dit : « Caroline, tu travailles bien mais il y a un problème avec les rédactions (?????? se dit Caroline). Tu écris correctement mais on sent que tu ne lis pas assez. Alors ce soir tu ne quitteras pas cette classe sans avoir pris un livre dans la bibliothèque et je vérifierai que tu l’as bien lu ». Caroline resta clouée sur place fixant Madame Colin, les yeux ronds remplis de stupeur ! QUOI ???? Prendre un livre dans la bibliothèque ? Il n’en est pas question ! se dit intérieurement Caroline. Mais elle savait qu’il était inutile de discuter. Quand Madame Colin dit, Caroline doit s’exécuter.

Jusqu’ici Caroline avait toujours évité ce meuble au fond de la classe……….à droite, ce meuble appelé………BI-bliothèque. Ce seul mot évoquait pour elle, un antre peuplé de mauvais génies toujours à l’affût pour semer l’ennui dans ces livres aux couvertures avenantes, mais dont le contenu s’avérait (à ses yeux) insignifiant, bon à remplir des têtes sans cervelle en leur faisant croire qu’elles sont plus intelligentes après les avoir lus. Elle en avait pour preuve ses copines de classe qui dévoraient les livres de Oui-Oui (« il y a des images et c’est écrit gros », lui disaient elles enthousiastes). Caroline levait les yeux au ciel consternée. Oui-Oui, il fallait que ses parents n’aient pas de cervelle (donc dénués d’intelligence) pour appeler leur fils ainsi !

Mais là c’était pas les copines, mais Madame Colin. Alors le cœur lourd (le temps passé à lire elle ne le passerait pas à jouer avec les garçons) et du plomb dans les chaussures, Caroline se dirigea vers la bibliothèque, ouvrit les portes et resta plantée devant tous ces livres, indécise. Elle en sorti quelques uns qu’elle remit bien vite à leur place, glissa un regard vers Madame Colin espérant qu’elle était occupée à autre chose et ne la regardait plus (ce qui était le cas). Elle fut tentée de refermer la porte et de faire semblant d’avoir un livre et de quitter la classe rapidement. Mais elle se souvint à temps que Madame Colin vérifierai qu’elle avait bien lu le livre. Alors pour s’éviter des ennuis (être obligée de lire non pas 1 mais 2 livres) elle en prit un dont la couverture l’intriguait.

Il représentait en arrière-plan une île qui avait la forme d’une tête de sorcière (!?!) et en surimpression une jeune fille à l’allure dynamique qui portait un masque et une cape (tiens comme Zorro !). Le titre était évocateur (donc suspect) : « Fantômette et l’île de la Sorcière ». Prendre un livre pour prendre un livre, elle choisit celui-ci, le mit dans son cartable et sortit.

Ce que Caroline ignorait encore c’est que, si une bibliothèque est l’antre de mauvais génies, elle peut aussi abriter de bons génies. Elle rentra chez elle, prit le livre (autant se débarrasser tout de suite de cette corvée !), l’ouvrit et là tout bascula. Elle se sentit emportée dans un tourbillon si fort que son cerveau s’embruma et elle perdit toute notion de temps, de lieu, d’espace. Quand elle reprit ses esprits, elle se retrouva dans un monde inconnu : le monde de Fantômette. Celle-ci l’accueillit avec un large sourire et lui demanda : « on part à l’aventure ? J’ai une énigme à résoudre ». Caroline acquiesça, prit la main que lui tendait Fantômette et elles partirent enquêter dans un univers appelé : imagination.

Elles vécurent de multiples péripéties lorsque soudain : « Caroline à table ! ». Caroline sursauta (« Caroline à table !« ) et se sentit catapultée vers un autre monde appelé : réalité (« Caroline à table ! »). Elle reprit lentement ses esprits et toute étourdie répondit :

- « oui j’arrive. 

- Caroline à table !

- j’arrive !!!!!!!!!!!!« 

 

Avec regret elle ferma le livre et alla manger. Mais à partir de ce jour, la lecture devint sa seconde vie. La bibliothèque familiale fut écumée de fond en comble et le libraire la connaissait bien. Son papa fut ravi de la voir lire, sa maman beaucoup moins (« au lieu de lire tu ferais mieux de faire ton lit, la vaisselle, le ménage etc. etc. »).

Quant à Madame Colin elle était satisfaite, elle avait rempli sa mission : Caroline faisait des progrès en rédaction et lisait très bien.

 

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