MARCHANDS DU MOYEN-AGE (2è partie)

Marchands du Moyen-Age (2è partie)

La religion du Marchand :

Il ne  faut pas croire que le marchand médiéval n’était occupé qu’à accumuler des biens. Vivant dans une société tout imprégnée de religion il était aussi chrétien.

Les livres de commerce commençaient tous par ces lignes : « Au nom de Notre-Seigneur-Jésus-Christ et de la Sainte Vierge Sa Mère et de toute la Sainte Cour du Paradis, que par leur très sainte grâce et miséricorde il nous soit accordé des bénéfices et de la santé, tant sur mer que sur terre, et que nos richesses et nos enfants se multiplient avec le salut de l’âme et du corps. Ainsi soit-il ».

Les corporations et les confréries intégraient dans leurs statuts des articles qui ordonnent aux membres de l’Art d’appliquer les règles suivantes :

  • pratiquer la foi catholique et collaborer avec les autorités publiques pour lutter contre les hérétiques ;
  • les jours de fêtes religieuses doivent être chômés ;
  • les corporations doivent être représentées aux cérémonies religieuses solennelles ;
  • prévoir les dépenses de caractères religieux que doit faire la corporation (par exemple : financement de la construction des cathédrales) ;
  • entretenir un certain nombre de lampes allumées dans l’église ;
  • payer l’illumination complète de cette église pendant les fêtes solennelles ;
  • donner des aumônes spéciales aux pauvres et distribuer trois fois par semaines à ces mêmes pauvres du pain pétri de bon froment.

Le marchand possédait :

- un coffre-fort dans lequel il mettait son argent ;

- une caisse plus petite qui contenait de la menue monnaie. Elle servait aux aumônes et, les jours de fêtes, les sociétés commerciales donnaient à chacun de leurs membres de l’argent de poche à distribuer aux pauvres. Ces sommes étaient enregistrées sur des registres.

Lors de la constitution d’une société commerciale, une part était réservée à Dieu considéré comme associé. Il recevait sa part des bénéfices au nom de « Messer le Bon Dieu ». En cas de faillite, il était payé en priorité lors de la liquidation, c’est à dire les pauvres qui représentaient Dieu sur terre.

A la signature d’un contrat, il était coutume de prendre Dieu comme témoin et de lui verser en remerciement un offrande appelée « denier à Dieu ».

La pénitence finale :

C’est au moment de la mort que les riches marchands manifestaient leurs sentiments religieux.

Certains abandonnaient leur métier, leurs richesses et se retiraient dans un couvent pour y finir leurs jours.

Pour ces grands marchands, la mort, c’est aussi le moment de repentir et la restitution à leurs victimes ce qu’ils ont acquis indûment.

Les conséquences pèseront surtout sur les héritiers chargés de procéder à ces réparations. C’était sous forme de legs dont les bénéficiaires étaient l’Église, les établissements charitables que les marchands couchaient sur leurs testaments. Sentiments et mobiles de ces actes sont discutables. La peur de l’enfer a certainement eu un impact considérable.

Conclusion

Il y aurait beaucoup à dire sur l’évolution de l’attitude de l’Église à l’égard des marchands. On peut constater aujourd’hui que l’Église a été remplacée par les Associations, les Fondations dans le monde des marchands. Le leg est encore pratiqué mais c’est surtout le « sponsoring » qui a leurs faveurs.

Extrait de : Marchands et Banquiers du Moyen-Age par Jacques Le Goff . Collection Que sais-je ? 1962

 


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