Archive pour novembre, 2009

MARCHANDS DU MOYEN-AGES (1ère partie)

MARCHANDS DU MOYEN-AGE (1ère partie)

 

L’Eglise contre les marchands

La condamnation : l’Eglise considérait que le « marchand ne peut plaire à Dieu, ou difficilement ».

L’Eglise rejetait le marchand, les prostituées, les jongleurs, les cuisiniers (péché de gourmandise), les soldats, les bouchers, les cabaretiers, les avocats, les notaires, les juges, les médecins…….

Les motifs de cette condamnation : le but même du commerce : le désir du gain, la soif de l’argent qui loin de connaître quelque borne s’étend à l’infini. Le commerçant commettait l’un des péchés capitaux : la cupidité.

St Thomas d’Aquin considère que l’argent doit servir à favoriser les échanges et que l’amasser, le faire fructifier lui-même est une opération contre-nature.

Cependant, la notion d’utilité et de nécessité des marchands obligera l’Eglise à évoluer. En effet les marchands allaient chercher au loin des marchandises nécessaires ou agréables, des denrées et des objets introuvables en Occident. En les vendant dans les foires, ils fournissaient aux diverses classes de la société ce dont elles avaient besoin.

A la fin du XIIIè et au début du XIVè siècle est introduit l’idée de « bien commun » et « d’utilité commune ». Les marchands travaillent pour le bénéfice de tous et font oeuvre d’utilité publique.

Autre évolution : l’interdépendance des pays du point de vue économique. Ce sera le principe fondamental du libre-échange, du capitalisme libéral. Ainsi le commerce international est désormais une nécessité voulue par Dieu et entre dans le plan de la Providence. Le marchand devient un personnage bienfaisant, providentiel, par son activité de la société chrétienne.

Ainsi le marchand médiéval peut donner libre-cours à sa passion pour : la richesse, les affaires, la gloire.

Dante dépeignait les marchands Florentins comme : « une gent cupide, envieuse, orgueilleuse, fleur maudite qui a fourvoyé les brebis et les agneaux ».

Le marchand doit faire fructifier le capital, l’esprit d’initiative.

Dans « Livre des bons usages » le Florentin Paolo di Messer Pace da Certaldo conseille :

« - si vous avez de l’argent, ne le gardez pas stérile chez vous, car il vaut mieux agir, même si on ne tire pas de profit que de rester passif sans profit non plus ;

- ne fréquente pas les pauvres, car tu n’as rien à attendre d’eux ;

- le commerce ne se fait pas empiriquement ; le commerce est affaire de calcul ;

- tu ne dois pas desservir autrui pour te desservir dans tes propres affaires ».

L’usage de la corruption était recommandé : « les cadeaux rendent aveugles les yeux des sages et muette la bouche des justes ».

 

A suivre …..

Extrait de : Marchands et Banquiers du Moyen-Age par Jacques Le Goff. Collection : Que sais-je ? 1962

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