CAROLINE ET LE GARAGISTE

Le moment est venu pour Caroline de faire réviser sa voiture. Événement banal, oui mais voila, Caroline a déménagé dans une autre ville et trouver un garagiste digne de celui à qui elle confiait habituellement son carrosse s’avéra difficile.


Elle demanda à ses amies qui possèdent une voiture le nom de leur garagiste et là surprise !!!!! Toutes lui répondirent qu’elles ne s’occupaient pas de ça.  » C’est une affaire d’homme » lui dirent elles effarées.  » C’est mon père (pour les plus jeunes), mon mari, mon copain qui s’en charge, mais certainement pas moi !!!! » Ces réflexions laissèrent Caroline perplexe car pour elle prendre un rendez-vous chez le garagiste, le dentiste ou le coiffeur c’est………… prendre un rendez-vous.


Devant ce manque total de coopération , Caroline  se mit en quête d’un garage. Elle se rendit dans celui qu’elle avait repéré en allant chez une amie, une succursale aux allures de temple. En franchissant la porte d’entrée elle se retrouva dans un grand hall tout en baies vitrées. Un grand calme régnait et c’est discrètement qu’elle se dirigea vers un comptoir au-dessus duquel était inscrit « accueil ». Une secrétaire préparait la facture d’un client qui était là, et Caroline impressionnée par les lieux, attendit sagement son tour.


Le client  s’en alla après avoir payé sa facture, la secrétaire se tourna vers Caroline et demanda : « vous êtes ensemble ? ». Caroline tomba des nues et se demanda si la secrétaire avait toute sa tête. Intriguée elle se retourna et vit un monsieur qui attendait derrière elle et comprit la méprise. Elle bredouilla : « non, non pas du tout ». Le monsieur répondit la même chose et enchaîna : « ma facture est à côté de l’ordinateur ». La secrétaire prit la facture et s’occupa du monsieur laissant en plan une Caroline sidérée.


Une fois le client parti la secrétaire se tourna vers elle et lui demanda en soupirant : « oui c’est pour quoi ? ». Fermement et en la regardant droit dans les yeux Caroline lui répondit en sortant son agenda : « c’est pour prendre un rendez-vous ! ». La secrétaire émit un : « ah », consulta son ordinateur et fixa un rendez-vous.


Au jour et à l’heure prévus, Caroline se rendit au garage et alla cette fois ci au comptoir au-dessus duquel était inscrit : « réparations » et attendit, attendit, attendit. Des messieurs en bleu de travail, d’autres en costume cravate entraient, sortaient, circulaient et Caroline attendait, et commençait même à se demander si elle ne s’était trompée de jour. Tout à coup son regard fut attiré par un écran de télévision sur lequel était inscrit l’heure et le nom des clients qui avaient rendez-vous ce jour là. Son nom était bien inscrit mais devant son nom était écrit non pas Madame mais…………Monsieur. Apparemment dans ce garage seuls les entreprises et les messieurs fréquentent cet endroit.


Ah, comme il est bien loin le temps où Caroline allait chez le garagiste de son quartier. Il l’appelait « Madame » et la secrétaire vous accueillait gentiment. Elle était capable de vous dire, de mémoire, ce qui avait été fait sur votre voiture la dernière fois que vous étiez venue, même si ça faisait un an. Le garagiste était compétent et les factures correctes. C’est de bon cœur que Caroline vous donne à vous, Mesdames et Mesdemoiselles l’adresse de ce garagiste :

GARAGE HEIDERICH

17, Rue de Ribeauvillé

67100 STRASBOURG NEUDORF

Tél. : 03.88.34.27.72


 

 

 

 

 

 



CAROLINE ET L’AUTO-ENTREPRISE

Quand Caroline se préparait à créer son entreprise, elle rencontra Éva qui comme elle s’était lancée dans l’aventure. Toutes les deux mirent leurs compétences et leurs énergies en commun pour faire face aux diverses difficultés qu’engendrent la création d’entreprise. C’était passionnant.

A cette époque beaucoup de publicité était faite autour d’un nouveau statut : auto-entrepreneur. Cela enthousiasmait Éva qui voyait  dans ce statut l’opportunité d’avoir une immatriculation (donc être déclarée) et pouvoir tester son entreprise.

De son côté Caroline était plus réservée. Certes ce statut semblait séduisant, mais les médias, les organismes d’aide à création d’entreprise en parlaient tant que cela lui sembla suspect. Prudente elle tempéra les ardeurs d’Éva qui voulait se lancer rapidement dans cette aventure prometteuse : l’auto-entreprise. Caroline quant à elle, voulait comprendre les raisons qui poussaient tant de gens à lui expliquer que ce serait formidable d’adopter ce statut.

Un jour, sans crier gare, Éva annonça à Caroline : « ça y est, je me suis inscrite ! ». Surprise Caroline voulut comprendre pourquoi. Éva lui expliqua : « c’est un conseiller de la chambre des métiers qui m’a vivement recommandé ce statut afin de TESTER mon entreprise !!!! » lui déclara t-elle fièrement.

Dès qu’elle reçut son numéro d’immatriculation, le conseiller de la chambre des métiers disparu aussitôt de la circulation, laissant une Éva complètement désorientée et une Caroline perplexe.

Très intriguée Caroline se pencha très sérieusement sur cette histoire et voilà ce qu’elle découvrit (liste non exhaustive) :

  • l’auto-entrepreneur n’est pas immatriculé à la chambre de commerce, ni à la chambre des métiers s’il opte pour le régime micro-social. Cependant il n’est pas dispensé du volet fiscal (ah nous y voilà !) ;
  • il n’est pas assujetti à la TVA, donc il facture sans mentionné de TVA. C’est un handicap auprès des entreprises qui ne pourront pas déduire la TVA (eeeh, petit détail qui change tout) ;
  • déclaration obligatoire du chiffre d’affaire, même si celui-ci est nul, sinon des pénalités ou majorations seront appliquées (rien que ça !) ;
  • pour la retraite : l’auto-entrepreneur doit réaliser un chiffre d’affaire minimum pour valider un ou plusieurs trimestres (et encore il touchera combien de retraite !) ;
  • l’auto-entrepreneur est redevable de la contribution à la formation professionnelle ;
  • il bénéficie du régime micro-social pendant 36 mois ;
  • le régime de l’auto-entrepreneur ne permet pas de déduire ses charges via un abattement ou en tenant compte de leur montant réel ; de plus en cas de résultat comptable déficitaire, l’auto-entrepreneur aura tout de même des recettes imposables (eh ben dis donc !!!).
  • etc. etc.

Le statut d’auto-entrepreneur  évoluant en permanence Caroline vous envoie sur les sites suivants

http://lentreprise.lexpress.fr

www.lautoentrepreneur.fr

www.union-auto-entrepreneurs.com

www.planete-auto-entrepreneur.com

 

Conclusion :

Éva s’empêtra dans d’inextricables problèmes avec un client, l’administration et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y reprendra plus.

 

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Et Caroline continua seule l’aventure de la création d’entreprise.

 

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